Et si on détournait l’usage des objets anciens ?

Et si on détournait l’usage des objets anciens ?

Nous avons tous des objets anciens qui dorment dans nos placards ou qui prennent la poussière sur des étagères parce que nous en avons un usage restreint voire inexistant. Si l’on prend la vaisselle par exemple, les repas se sont beaucoup simplifiés de nos jours et nous utilisons toujours les mêmes pièces. Les soupières et saucières, quand nous en avons, sont jugés encombrants et peu utiles parce que nos esprits étroits sont restés bloqués à leurs usages premiers que nous renvoient leurs dénominations. Dans la saucière, on met de la sauce. Dans la soupière, on met de la soupe. Simple, évident… on ne réfléchit pas plus loin en se laissant influencer par le sens ancestral des mots. Et forcément, servir de la soupe à la louche à ses amis ça n’arrive pas tous les 4 matins. A part, peut-être pour le gaspacho estival mais en général on n’emporte pas sa soupière dans sa valise… Bref, et si on regardait ces objets sous un œil nouveau ? Et si, on les débaptisait ? Une soupière c’est quoi finalement si ce n’est un saladier avec un couvercle et des anses ? Je fais une salade verte ? Une mousse au chocolat ? Et hop la soupière sans le couvercle. Je fais une bolognaise ? Et hop, la soupière avec le couvercle pour les tenir au chaud. Et ces poignées ? Épatantes pour ne pas se brûler.

La saucière ? Elle remplace le sempiternel bol de façon bien plus originale et pratique. Je la sors pour l’apéro avec un mélange thon-fromage frais-ciboulette et des radis posés tout autour. Je peux me lever pour le proposer aux copains sans craindre que le bol ne glisse sur l’assiette. Mais quelle invention géniale cette saucière !

Autre exemple, les assiettes en barbotine à compartiments. Vous savez celles avec des asperges et des artichauts dessinés dessus ! De vraies pièces de musée tellement leurs couleurs sont incroyables ! Mais quand les utiliser ? 1 mois au printemps à la saison des asperges ? Mais non voyons ! Nous ne sommes plus à la fin du 19ème siècle où l’on démultipliait les objets à l’infini pour faire vendre. C’était les débuts de l’industrialisation et les bourgeois devaient (dé)montrer leur fortune en étalant leurs biens tels que leurs services de vaisselle aux pièces innombrables (c’était pareil pour l’argenterie) quitte à les utiliser une seule fois par an. Aujourd’hui, on se fait plaisir en s’achetant quelques jolies pièces. On dépareille les services et on détourne les usages. Servez donc des fraises à la chantilly dans ces assiettes ou utilisez-les pour vos apéros-dîners. Elles seront un sujet de conversation à elles seules !

Gardez donc le service ancien de votre grand-mère et u-ti-li-sez-le ! Ne le laissez pas dormir encore des dizaines d’années dans le placard. Profitez-en. C’est beau, c’est bien fait, c’est français et ça résiste souvent très bien à notre usage moderne.

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